Le service militaire : c’est la hantise de beaucoup de jeunes Italiens, qui y sont astreints. Alors, pour éviter de devoir servir sous les drapeaux, certains se sont fait passer pour... des gays !
C’est le quotidien britannique Guardian qui a révélé l’affaire : un médecin de l’armée s’est étonné du grand nombre de soi-disant homosexuels provenant de la même petite région proche de la frontière autrichienne. L’enquête a mis au jour un trafic de faux certificats médicaux entre des appelés et deux médecins. Ces derniers demandaient quelques milliers d’euros pour délivrer de faux certificats médicaux indiquant que les « anxiétés sexuelles » de leurs patients étaient « incompatibles » avec « le casernement, la vie en dortoirs et le partage de salles de bain communes ».
Arcigay, la principale association italienne de défense des gays et des lesbiennes, a dénoncé « une atteinte à l’image des personnes homosexuelles ».
Et ailleurs ?...
En France, la question ne se pose plus vraiment, puisque servir sous les drapeaux n’est plus une obligation.
Aux États-Unis, la politique du « don’t ask, don’t tell » (« ne demandez pas, ne dites rien ») est toujours appliquée, bien que de toutes récentes statistiques montrent que, ces dernières années, moins de gays ont été renvoyés en comparaison aux années antérieures. Explication avancée : « Quand on a besoin de soldats, on garde même les gays. » À noter que Bill Clinton avait dénoncé cette politique du « don’t ask, don’t tell », fin 2003.
Dans plusieurs pays occidentaux, il y a quelques décennies, l’homosexualité - encore très taboue - était souvent et clairement un motif de rejet à l’armée.
Enfin, bien que cela relève de l’identité de genre et non de l’orientation sexuelle - deux notions différentes trop souvent confondues -, notons que, depuis quelques jours, l’armée espagnole compte dans ses rangs et pour la première fois de son histoire une ex-transsexuelle : le caporal José Antonio Gordo Pantoja, qui disait « se sentir femme » depuis ses 14 ans, avait été déclaré « inapte » par la Marine lorsqu’il a souhaité être appelé Maria del Mar et commencé un traitement... mais vient d’être réintégrée, à la suite d’un jugement prononcé fin mars : c’est maintenant une caporale.